Air France et Transavia mettent fin au plastique à bord !

 

À l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, le 5 juin dernier, les directrices d’Air France et de Transavia, Anne Rigail et Nathalie Stubler, ont dévoilé leur plan environnement.

Ce dernier vise à supprimer les objets plastiques à usage unique sur les vols d’ici 2019.

D’autres mesures, toujours dans un but environnemental, comme la diminution des émissions CO2, ou encore des partenariats pour des solutions d’éco-pilotage en temps réel ont également été évoquées.

Retour sur les actions qui vont être mises en place dans notre article de la semaine.

 

 

« En matière d’environnement, il n’y a pas d’actions dérisoires »

 

Avec l’arrivée de l’interdiction, au sein de l’Union Européenne, des produits en plastique à usage unique (couverts jetables, pailles, « touillettes » plastiques, etc) qui sera effective à partir de 2021, les entreprises doivent prendre des mesures rapidement.

C’est le cas d’Air France et de Transavia, faisant toutes deux partie du groupe Air France-KLM, qui ont décidé de réagir dès maintenant, sans attendre 2021.

« En matière d’environnement, il n’y a pas d’actions dérisoires », a précisé Anne Rigail, directrice générale d’Air France.

 

 

7 gobelets plastiques par passager sur un vol long-courrier !

 

En moyenne, ce sont pas moins de 7 gobelets plastiques qui sont utilisés par un seul et même passager durant un vol long-courrier !

Si les pailles en plastique (1,3 million d’unités par an) avaient déjà été supprimées à bord des vols Air France depuis 2015, le reste des produits en plastique à usage unique faisaient toujours partie du voyage.

Concrètement, pour Air France, cette décision va permettre de supprimer près de 210 millions d’articles en plastique par an (100 millions de gobelets, 85 millions de couverts et 25 millions d’agitateurs), soit environ 1300 tonnes de plastique en moins.

Chez Transavia, ces directives environnementales élimineraient 7 millions d’articles en plastique à
usage unique par an (environ 41 tonnes), soit « l’équivalent du poids d’un des avions de la Compagnie ».

Transavia France est d’ailleurs « la première compagnie low-cost à s’engager dans un plan d’actions concret visant à supprimer les consommables en plastique à usage unique à bord de ses vols ».

La Présidente Directrice Générale de Transavia France a déclaré : « Transavia France est engagée dans une démarche ambitieuse et globale de réduction de son impact environnemental. Cette annonce sur la fin des articles en plastique à usage unique à bord des vols est un pas supplémentaire. C’est grâce à la motivation des collaborateurs qui sont force de propositions et à la recherche permanente d’innovations que nous pouvons prendre cet engagement. Nous veillons à entretenir cette dynamique interne car l’environnement est l’affaire de tous. Plus les collaborateurs sont investis et associés dans ces projets, plus nous irons vite dans leur mise en œuvre et plus nous serons innovants ».

 

 

Carton, bois, matières végétales et biosourcées

 

Désormais, les gobelets en carton remplaceront les gobelets en plastique, les mélangeurs en bois remplaceront les « touillettes » en plastique, et les couverts en plastique cèderont leur place à des couverts fabriqués à partir de matières biosourcées (bambou, amidon de maïs).

Tous les sacs plastiques seront quant à eux remplacés par des sacs kraft certifiés FSC (Forest Stewardship Council), et composés d’encres végétales et de colles certifiées REACH (un règlement de l’Union européenne adopté en 2007 pour mieux protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques liés aux substances chimiques).

Les trousses de toilettes proposées lors des vols long-courriers ainsi que les emballages des produits seront eux aussi modifiés et réalisés à partir de matières végétales.

Un premier vol sans aucun objet plastique à son bord a décollé le mercredi 5 juin 2019 en direction de Détroit, avec pour but de montrer « ces initiatives crédibles à nos clients, décidées bien avant l’emballement médiatique actuel », a précisé Anne Rigail.

Ce vol était également l’occasion de présenter le Dreamliner au public, le Boeing 789-9 provenant de la dernière génération d’avions de la compagnie, et qui consomme 20% de carburant en moins en comparaison des avions moins récents. Grâce à une consommation maitrisée, le Dreamliner atteint les 2,7 litres par passager au 100 km.

En effet, même si la fin du plastique à usage unique à bord est déjà un grand pas en avant, la stratégie environnementale d’Air France va plus loin.

 

 

Empreinte carbone, empreinte sonore & eco-pilotage

 

Empreinte carbone & sonore :

 

La compagnie tient à limiter et compenser ses émissions de C02.

« Depuis 2011, Air France mène plusieurs initiatives avec comme objectif à l’horizon 2020 de réduire de 20% ses émissions de CO2. Un objectif atteint à la fin 2018 », a déclaré Eric Prévot, commandant de bord chez Air France sur le Boeing 777.

Le renouvellement de la flotte de la compagnie y est en grande partie pour quelque chose.
Ces nouveaux avions possèdent de nombreux atouts et rentrent parfaitement dans la stratégie environnementale d’Air France.
Ils consomment moins de kérosène, possèdent une politique de compensation de carbone et des systèmes d’éco-pilotage.

Le poids à bord des avions a aussi été revu à la baisse, grâce à unerationalisation progressive permettant d’éliminer le superflu ou encore via la digitalisation de la presse à bord.

Air France entend également réduire au maximum son empreinte sonore. Depuis 2005, la compagnie a réduit cette dernière de 47 % « grâce au retrait des B747 de la flotte ou encore à la suppression de slots* à Orly » a précisé Anne Rigail.

Anne Rigail déplore que les efforts écologiques réalisés par la compagnie depuis déjà de nombreuses années soient si peu connus du public : « Il faut mieux faire connaître ce que nous faisons depuis 1996. L’aérien a été une des premières industries à se saisir des problématiques écologiques et à avoir fait des investissements et des engagements », a-t-elle précisé.

 

 

Éco-pilotage :

Concernant l’éco-pilotage, Transavia a signé un partenariat avec Safetyline et Open Airlines, deux compagnies françaises, afin d’analyser les données de vols dans le but de réduire au maximum la consommation de kérosène lors des différentes phases de décollage, d’atterrissage et de roulage.

Les données prises en compte sont principalement les « boîtes noires des avions, des plans de vols et des prévisions météorologiques », précise Alexandre Feray, CEO d’OpenAirlines.

La solution, nommée SkyBreathe OnBoard, s’appuie sur la Big Data et l’intelligence artificielle afin de déceler les potentielles économies de carburant pendant le vol.

Au total près de “400 000 tonnes de CO2 ont été économisées l’année dernière grâce au logiciel d’OpenAirlines”, indique le CEO de la marque.

Le digital est un point essentiel pour l’avenir et le développement de logiciels et d’outils permettra aux compagnies et aux pilotes de collecter un maximum de données en temps réel pour pouvoir adapter le pilotage en conséquence.

 

 

Redorer le blason de l’aérien

 

Air France a également profité de cette occasion pour rappeler que l’aérien est trop souvent pointé du doigt à tord.

« En France, le transport aérien représente 1,4% des émissions de CO2 », rappelle Nathalie Simmenauer avant d’ajouter qu’Air France est le premier employeur d’Ile-de-France et représente 1,1% du PIB français grâce à ses emplois directs et ses 350 000 emplois indirects.

Avec ces annonces, les compagnies aériennes espèrent prouver que ce secteur met tout en oeuvre pour être plus respectueux de l’environnement et donc parer aux attaques de certains députés français qui souhaiteraient mettre fin aux dessertes domestiques, c’est-à-dire aux vols à l’intérieur de la France pouvant être effectués par un autre moyen de transport comme le train.

D’ici 2020, les compagnies devraient recevoir également de nouvelles directives à suivre concernant les émissions de gaz à effet de serre, dans la lignée du plan CORSIA (« Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation ») adopté par 191 Etats membres, et qui vise à mettre en
place un programme mondial de compensation et de réduction des émissions de CO2 de l’aviation internationale.

Le tout dans le but d’atteindre l’objectif de neutralité en émissions carbones à partir de 2020.

* Slots : créneaux horaires (décollage / atterrissage) dans les aéroports

 

 

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