Ce que lon sait de la CSS”, la station spatiale chinoise ! 

 

Temps de lecture : 5 min

La Chine prend sa revanche sur la Station Spatiale Internationale (ISS) !
Interdit d’accès à l’ISS depuis 2011, par crainte de voir Pékin transformer la station en arme, la Chine travaillait depuis à la création de sa propre station spatiale.

Un projet vieux de dix ans donc, qui vient de franchir une nouvelle étape avec l’envoi réussi du premier module, baptisé Tianhe, de la “CSS” (China Space Station) fin avril.

La station, qui sera à terme composée d’au moins trois modules, devrait être opérationnelle dès 2022 !

On fait le point sur toutes les informations relatives à la CSS dans notre article de la semaine.

 

Tianhe : le premier module de la CSS est en orbite ! 

Lancé avec succès le 29 avril dernier par la CNSA, l’administration spatiale nationale chinoise, le premier module de la future station spatiale chinoise est désormais en orbite terrestre basse à environ 400 km d’altitude, comme l’ISS.

ll sera le module central de la CSS, l’acronyme du nom anglais de la station (China Space Station), dont le nom chinois est Tiangong signifiant “Palais céleste” en mandarin.

Baptisé Tianhe, (traduction : “Harmonie Céleste”), il a été envoyé dans l’espace grâce au Longue Marche 5B (Chang Zheng 5), le lanceur lourd chinois, depuis la base de lancement de Wenchang, sur l’île de Wenchang au sud du pays.

Le module, futur lieu de vie des astronautes et centre de contrôle de la station, mesure 16,6 mètres de long, pour un diamètre de 4,2 mètres et un poids total de 22,5 tonnes.
La CNSA précise qu’il s’agit du “plus gros et le plus lourd vaisseau spatial que la Chine ait jamais construit”.

À l’instar de de la station russe Mir, première station spatiale de l’histoire (1986-2001) et de la Station Spatiale Internationale (ISS), dont le premier module est en orbite depuis 1998, la CSS sera une station multi-modulaire.

Pour le moment, Tianhe devrait être rejoint par deux autres modules, qui seront deux laboratoires de recherche.
Une fois les différents modules assemblés, la CSS devrait peser entre 70 tonnes et 90 tonnes, soit cinq fois moins que l’ISS (450 tonnes environ).

 

 

La CSS sera pleinement opérationnelle en 2022 !

Pour parvenir à tenir les objectifs de mise en service opérationnelle, qui doit intervenir dès 2022, le programme va être très chargé par la CNSA !

Tout d’abord, la Chine vient de réussir avec succès le lancement de Tianzhou-2 en fin de semaine dernière.
Il s’agit d’un cargo spatial de 6,5 tonnes, lancé par une fusée Longue Marche 7, qui s’est amarré avec succès à Tianhe afin de le ravitailler en carburant et apporter le matériel nécessaire pour le futur équipage de la station.

Avec ce deuxième succès, la prochaine étape sera cruciale avec le lancement de Shenzhou-12, septième mission spatiale habitée chinoise, qui transportera trois taïkonautes (nom donné au astronaute chinois) vers la CSS en juin.

Ces trois premiers pensionnaires seront chargés de mettre en route et de vérifier le fonctionnement dans l’ensemble des systèmes.

Si tout se passe bien, un second cargo Tianzhou sera lancé en septembre 2021, suivi de la mission Shenzhou-13 en octobre avec à nouveau trois taïkonautes qui relèveront les trois premiers.

Les deux autres modules de la station, les laboratoires Wentian et Mengtian, seront déployés d’ici mi-2022 pour que la station soit pleinement opérationnelle dès août de l’année prochaine, si bien entendu tout se passe comme prévu et que le calendrier est respecté.

Dans ce cas, la Chine aura réussi l’exploit de d’assembler sa propre station spatiale en moins de deux ans.

 

 

Durée de vie de la CSS & coopération internationale…


Pour l’heure, la CNSA table sur une durée de vie de 15 ans pour la CSS. Celle-ci devrait donc voir le désorbitage de l’ISS qui, initialement prévue pour durer jusqu’en 2024, devrait rester en orbite jusqu’en 2028.

Même si on imagine difficilement que les pays partenaires de l’ISS, notamment les américains, les européens et les russes, ne planchent pas déjà sur une remplaçante de l’ISS, que ce soit conjointement ou séparément, la Chine pourrait être d’ici quelques années le seul pays à disposer d’une station spatiale.

Bien que plus petite, la CSS n’étant prévue que pour trois passagers, même si six taïkonautes pourront être présents en même temps lors des roulements d’équipage, la Chine a indiqué rester ouverte à une coopération internationale.
Un accord a d’ailleurs déjà été conclu entre la CNSA et l’UNOOSA, le Bureau des affaires spatiales des Nations Unies, pour que les scientifiques puissent proposer des projets de recherche.
En savoir plus.

 

 

Plus rien ne semble arrêter la Chine dans le domaine spatial

Seul contre tous ou presque, puisque la Chine et la Russie se rapprochent et ont annoncé qu’ils projetaient de construire ensemble une station “à la surface ou en orbite” de la Lune, avec Mars en ligne de mire, le pays multiplie les réussites spatiales ces dernières années.

On peut notamment citer la réussite de la mission Chang’e 4 en 2019, une mission non-habitée qui a réussi à se poser sur la face cachée de la lune, une première historique.
Puis du succès de la mission Chang’e 5 en novembre 2020, qui a permis de ramener sur Terre des roches lunaires, deux kilogrammes selon les ingénieurs chinois. Un exploit qui n’avait plus été réalisé depuis les années 70, par les américains et les soviétiques.

Plus récemment encore, le 17 mai dernier, la Chine a réussi à faire atterrir son propre rover, Zhurong, sur Mars.
Un véritable exploit, puisqu’il s’agissait de la première mission chinoise vers Mars en complète autonomie et que la Chine devient ainsi le second pays au monde à réussir ce type de mission avec succès, après les États-Unis.
Notons que l’ex-URSS avait elle aussi réussi à envoyer un atterrisseur sur mars en 1971 mais toute communication avec l’engin avait été rompue au bout de quelques secondes seulement.

 

Esseulée sur le plan spatial depuis de nombreuses années, la Chine a investi des milliards dans le domaine pour rattraper son retard et développer ses propres programmes.
Avec la fin programmée de l
ISS, son quasi-partenariat avec la Russie pour tenter de poser le pied sur la Lune puis sur Mars, la CNSA a su montrer tout son potentiel et toute sa puissance.
Un chose est sûre, même s’ils conservent une longueur d
avance, les États-Unis et leurs partenaires sont peu à peu rattrapés par la Chine.

 

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Photo de couverture : image d’illustration.