[Covid-19] Quelle sortie de crise pour le secteur automobile ?

Avec la propagation planétaire du Covid-19 et le confinement mis en place dans de nombreux pays dont la France, l’économie mondiale se retrouve fortement impactée. 

De nombreux secteurs subissent ainsi de plein fouet cette crise. C’est notamment le cas du secteur automobile, qui a vu ses ventes et le nombre de nouvelles immatriculations dégringoler.
Pour y faire face, les acteurs du secteur ont commencé à mettre en place des solutions afin de préparer l’après et « limiter la casse ».

Au-delà d’un rebond espéré avec le déconfinement débuté ce lundi 11 mai en France, le secteur automobile attend fermement qu’un plan de relance du gouvernement puisse lui venir en aide. 

Comment le secteur a subi cette crise ? Comment s’est-il organisé pour y faire face ? Comment entend-t-il se relever rapidement ?

On fait le point pour vous dans notre article de la semaine.

 

 

Covid-19 et confinement : coup dur pour le secteur automobile 

 

Comme de nombreux secteurs, le secteur automobile n’a pas été épargné par la pandémie de Covid-19 et le confinement déclenché en conséquence.

Les constructeurs automobiles, les fournisseurs de pièces détachées, les salles d’exposition et les ateliers de réparation ont tous fermé mi-mars, marquant ainsi un arrêt brutal du secteur.
Avec la fermeture des usines et le report des achats des consommateurs confinés, les ventes de voitures ont logiquement subi une forte baisse.
D’après les derniers chiffres du marché, la baisse du secteur atteindrait 72% en mars et près de 89% en avril, entraînant des inquiétudes légitimes.

Les constructeurs s’inquiètent également du temps que prendra la reprise. Dans ce contexte, la suppression de grands événements automobiles de cette année n’aide en rien. Au-delà d’une belle exposition, le Mondial de Paris permet par exemple de générer de nombreuses commandes.

Les entreprises du secteur automobile se tournent alors vers des solutions de crédit en attendant des réformes à leur égard. Or la possible et redoutée seconde vague de contamination au Covid-19 se conjugue à un possible reconfinement. Cette crainte empêche encore les entreprises de se projeter avec précision pour 2021. Elle les oblige ainsi à trouver dès aujourd’hui de nouvelles alternatives.

 

 

 

La réaction des grands acteurs du secteur face à la crise

 

En réponse à une mesure de confinement telle que la fermeture des concessions, les constructeurs automobiles ont dû trouver de nouvelles solutions pour maintenir leurs ventes.

Le digital s’est alors avéré être un levier essentiel. En plein développement pour une partie des acteurs du secteur ; déjà pleinement intégré dans la stratégie de communication d’autres, le digital fait désormais partie intégrante des stratégies de vente depuis le début du confinement.

Si, avant la crise, un acheteur pouvait déjà configurer son véhicule en ligne ou réserver un nouveau modèle ou un essai à distance, l’achat final se tenait quant à lui systématiquement chez un concessionnaire en physique. Désormais, toutes les étapes de la vente sont accessibles directement en ligne.

Le groupe PSA via son « Citroën Store », lancé le 22 avril, permet aux clients de commander des véhicules neufs en ligne 24h/24 et 7j/7 tout en restant en sécurité chez eux.
Le site web offre plusieurs possibilités. Il est possible de réaliser une estimation de la reprise de son ancien véhicule. Autre fonctionnalité :  estimer et paramétrer le coût d’une location avec option d’achat (LOA). Enfin, le dossier de financement peut, lui aussi, être réalisé en ligne.
Une fois toutes les caractéristiques du véhicule choisies par le client, le prix s’ajuste et le site propose un premier délai de livraison estimée.
De plus, un live-chat permet aux clients d’être en relation avec des conseillers tout au long du processus d’achat. 

Crédit : Citroën – PSA / store.citroen.fr

 

Outre cette solution, Citroën propose deux autres plateformes. « Citroën Carstore » permet de commander en ligne un véhicule neuf déjà disponible en stock. Quant à « Citroën Carstore Pro », elle propose à des entreprises des véhicules utilitaires et commerciaux légers, neufs et en stock. 

Dans le groupe PSA, un site de vente dédié à Peugeot a également été mis en ligne. Nommé « Peugeot Store », il est possible sur ce site de choisir un véhicule, de le comparer, et de l’acheter.
La livraison se fait ensuite dans un point de vente proche ou directement au domicile du client, le tout gratuitement. Ce concept sera étendu à plusieurs pays dans les semaines à venir.

Volvo propose « Volvo vient à vous » : un sytème de prise de commande en ligne. Il est disponible dans plusieurs pays européens dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni ou encore la Belgique : soit un marché représentant 60% de ses ventes. Les loyers des locations ont été négociés au préalable et le constructeur automobile propose la possibilité de louer sans apport.

Ford, quant à lui, propose une offre commerciale nommée « Esprit libre ». Disponible depuis le 27 avril, l’offre propose trois mensualités de crédit offertes, puis trois autres mensualités différées. L’offre est réservée aux particuliers sur plus de 11 000 véhicules en stock. Ford propose aussi une estimation gratuite de la valeur de reprise du véhicule, ainsi que des livraisons sans contact.

 

 

 

Secteur automobile : quel plan de relance du gouvernement ?

 

Pour se relever le plus rapidement possible, le secteur automobile pourrait bénéficier  de différents leviers d’aide de la part du gouvernement, qui planche déjà sur ce plan de relance. Ce plan devrait, en priorité, passer par des aides dédiées aux véhicules électriques et hybrides. 

 

 

Priorité aux véhicules électriques et hybrides

Des mesures qui permettraient d’allier aide économique et transition écologique, « pour qu’il y ait à la fois redémarrage de l’économie et une relance de la croissance, mais une croissance durable, verte qui soit plus protectrice de notre environnement », avait précisé Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie mi-avril. 

Comme le rapporte le journal Le Parisien, ces aides devraient concerner le bonus écologique, la prime à la conversion ainsi que la baisse de la TVA sur certains véhicules.

Dans un premier temps, le bonus écologique pourrait donc retrouver son ancienne valeur. Avant le 31 décembre 2019, le bonus s’élevait à 6 000€, avant de passer à 3 000€ le 1er janvier 2020. Celui-ci devait être réduit de moitié chaque année, avant de disparaitre définitivement en 2022.
Mais avec la crise, les entreprises pourraient donc retrouver ce bonus pour un montant de 6 000 €, comme celui des particuliers. Ce bonus pourrait également être élargi à d’autres gammes. 

Pour le moment, cette mesure était entièrement réservée aux véhicules 100% électriques. Avec cette révision, les véhicules hybrides rechargeables pourraient bénéficier de ce bonus écologique. Objectif : favoriser et booster les achats de particuliers.
Toujours selon Le Parisien, cette mesure était attendue avec impatience par Renault et le groupe PSA.
En effet les constructeurs disposent de ce type de modèles : Peugeot 3008 ou encore DS7 Crossback pour PSA, Renault Captur ou Mégane pour Renault. Cependant, le bonus pourrait ne pas être aussi élevé que pour les véhicules 100% électriques.

La prime à la conversion, qui avait été rabotée l’an dernier, devrait être réformée pour être étendue. Pour l’instant, elle ne s’appliquait que dans le cadre du remplacement d’un véhicule ancien polluant. Elle pourrait désormais aussi concerner l’achat de véhicules plus vertueux et de pièces détachées d’occasion. Cela permettrait l’amélioration des performances écologiques des véhicules.

 

 

Réduire la TVA

 

Enfin, la TVA est un autre levier sur lequel le gouvernement compte s’appuyer. Aujourd’hui, elle atteint 20% pour tous les véhicules neufs, quelle que soit sa motorisation. Elle pourrait alors être réduite pour favoriser les véhicules 100% électriques ou hybrides rechargeables. Les voitures hybrides non rechargeables ne feraient pas partie du dispositif.

En complément de ces premières propositions, et pour soutenir le secteur automobile sans pour autant passer à coté des enjeux environnementaux, un député écologiste a fait ses propositions. Matthieu Orphelin a en effet adressé un courrier aux ministres de la Transition énergétique, de l’Economie et du Budget avec différentes propositions. Il propose notamment, une aide à « double-sens » : à la fois pour le consommateur et pour les vendeurs automobiles. 

“Pendant au moins 12 mois, une surprime de 2000 euros supplémentaires encourageant l’achat de véhicules électriques et hybrides rechargeables, uniquement pour les véhicules les plus légers, à moduler le cas échéant en fonction des revenus. Ce montant pourrait être alloué pour moitié au consommateur et pour moitié au concessionnaire, afin de stimuler à la fois l’achat et la promotion de ces véhicules”, précise Matthieu Orphelin dans son courrier.
Cette aide s’ajouterait donc au bonus écologique et à la prime à la conversion. Pour accélérer la transition écologique du secteur automobile, il souhaite par ailleurs “une nette augmentation du malus écologique afin de le rendre plus cohérent et réellement dissuasif, en prenant également en compte la nécessité de dissuader l’achat des véhicules les plus lourds”.

 

 

Relocaliser la production…

Autre piste évoquée à plusieurs reprises par Bruno Le Maire : le souhait du gouvernement de relocaliser la production automobile en France. Le Ministre De l’Économie l’a encore évoqué ce lundi 11 mai sur BFM Business.
Cette ambition de relocalisation pourrait constituer un engagement nécessaire des pour bénéficier d’aides à la relance.
Affaire à suivre…

 

 

 

Relance des usines & sécurité des employés

prepared chassis in a row at car plant

Comme dans tous les secteurs, le secteur automobile se doit de mettre en place de nombreux changements dans les usines afin de protéger au maximum les salariés.

En avril, lorsque le groupe PSA avait évoqué la reprise du travail dans les chaînes d’assemblage, les syndicats avaient immédiatement fait part de leurs craintes. Promiscuité des lieux de travail, mouvements obligatoires des salariés, croisements avec d’autres employés, partage des outils : autant de risques évoqués.

Pour éviter une contamination au Covid-19, les représentants avaient donc demandé de revoir l’ergonomie des postes de travail ainsi que l’affectation des locaux. Autre requête : la mise en place de nouveaux protocoles et règles sanitaires à respecter de près.
Le constructeur français a donc travaillé sur tous ces points dans le cadre de la réouverture de ses usines.

Objectif : assurer une sécurité maximale à ses employés.

Chez Renault, on prévoyait de rouvrir entre 90% et 100% des points de vente dès la levée du confinement en France. Avec environ 3 500 points de vente en France, le groupe a dû prendre de nombreuses mesures de sécurité ses employés avant la réouverture.
“Le nombre de personnes qui vont travailler chez les concessionnaires, pour couvrir la plupart des besoins de services, va rapidement monter pour atteindre 30 % à 40 % des effectifs sur l’ensemble du réseau”, a déclaré Ivan Segal, directeur commercial de Renault pour la France.

En ce qui concerne les showrooms, le groupe devra mettre en place les mesures barrières lors de l’accueil des clients ainsi qu’au moment de l’essai des véhicules exposés. Par exemple : le respect des distances de sécurité, le port de masque et de gants, l’utilisation de gels hydroalcooliques et de lingettes désinfectantes.

Chez les autres constructeurs, les mêmes règles ont été observées. De nouveaux protocoles, des aménagements de postes de travail sont appliqués afin de garantir une distanciation sociale entre les employés.
Les masques, les gants, les gels hydroalcooliques, les cloisons au poste de travail ainsi que des marquages au sol : autant d’initiatives qui se multiplient pour éviter la contamination.
Le nombre d’employés sur place a également été réduit pour le moment. Il devrait réaugmenter au fur et à mesure.

 

 

Malgré une baisse fulgurante des ventes ces deux derniers mois, le secteur de l’automobile a su s’organiser. D’abord en misant sur le digital, puis en mettant toutes les mesures en place pour pouvoir relancer sa production et rouvrir ses points de vente.

Bien que conscients du temps d’adaptation nécessaire, les acteurs du secteur comptent bien se relever et rebondir au plus vite.
Les regards sont désormais braqués vers les annonces à venir de la part du gouvernement. Son plan de relance est très attendu pour faire face aux pertes engendrées, et espérer un retour à la normale le plus vite et le mieux possible.

 

 

 

 

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