Impression 3D : des gobelets biodégradables fabriqués à partir de… peaux d’oranges !

 

Boire un jus d’orange pour un petit déjeuner vitaminé dans un gobelet fait à partir des épluchures de ces mêmes oranges ça vous tente ?

Et bien cela sera bientôt possible grâce à une imprimante 3D !

Tout droit sorti de l’agence d’architecture italienne de Carlo Ratti Associati (CRA), ce prototype pourrait bien être la machine à jus du futur et, surtout, servir de modèle à de nombreuses innovations plus respectueuses de l’environnement.

Dans un contexte actuel où les enjeux climatiques et environnementaux doivent être au centre de notre consommation, on ne peut que saluer cette démarche.

On fait le point pour vous dans notre article de la semaine.

 

 

Une innovation respectueuse de l’environnement

 

Le 6 septembre dernier, l’architecte et ingénieur Carlo Ratti présentait sa dernière invention nommée « Feel the Peel » (« Sentez la Pulpe »).

Àpremière vue, la machine ressemble à un distributeur de jus d’orange géant.
Mais au-delà de sa contenance astronomique, cette machine propose surtout une innovation hors du commun.

En effet, la machine fabrique des gobelets créés à partir de l’écorce des fruits. Un jus d’orange consommé dans un contenant fait à partir de ce même fruit pour une consommation respectueuse de l’environnement.

Crédit : CRA-Carlo Ratti Associati

 

L’installation plutôt impressionnante comprend un bar à jus de 3,10 mètres de haut et surmonté d’un dôme circulaire où peuvent être entreposées sur un rail pas moins de 1 500 oranges. Dès qu’un client réalise une commande, ces oranges sont acheminées dans le presse-agrumes où elles sont coupées en deux puis pressées pour extraire le jus.

Jusque là, il s’agit d’un fonctionnement assez courant que reproduisent même certaines machines à jus de la vie quotidienne.

 

 

Un matériau biophysique pour l’impression 3D !

 

Crédit : CRA-Carlo Ratti Associati

 

Mais l’innovation réside surtout dans la deuxième partie de la commande.

Une fois le jus extrait, les peaux d’orange tombent dans un compartiment situé dans le bas de la machine où elles seront ensuite séchées et broyées afin de se transformer en fine poudre d’orange.

Par la suite, cette poudre est mélangée à de l’acide polylactique (PLA), permettant la formation d’un matériau biophysique utilisé pour l’impression 3D. L’imprimante fabrique ensuite le gobelet à partir de ce mélange qui pourra bien évidemment être recyclé après son utilisation.

 

Crédit : CRA-Carlo Ratti Associati

En collaboration avec le groupe pétrolier italien ENI et le fabricant italien d’imprimantes 3D WASP, ce projet vise à limiter un maximum les déchets produits par la fabrication de jus d’oranges.

 

Favoriser au maximum l’économie circulaire

 

Le but de cette machine est de mettre en place au maximum une économie circulaire caractérisée par, rappelons-le, trois points interconnectés qui sont :

  • l’offre des acteurs économiques
  • la demande et le comportement des consommateurs
  • la gestion des déchets.

Le tout en limitant le gaspillage des ressources et l’impact sur l’environnement.

« Le principe de circularité est un impératif pour les objets d’aujourd’hui. En travaillant avec Eni, nous avons essayé de montrer la circularité de manière très concrète en développant une machine qui nous aide à comprendre comment les oranges peuvent être utilisées bien au-delà de leur jus. », précise Carlo Ratti.

 

Découvrez cette innovation en vidéo :

 

 

Sensibiliser davantage les consommateurs

 

La machine sera intronisée lors de la Singularity University Italy Summit à Milan les 8 et 9 octobre prochains. Puis elle devrait être présentée dans les prochains mois dans différents lieux publics en Italie, pour sensibiliser le public à cette nouvelle approche circulaire, et sera sans nul doute commercialisée par la suite.

 

Un pas supplémentaire vers les impressions 3D d’objets à partir de bio-matériaux

 

Ces gobelets biodégradables représentent un premier pas vers les impressions d’objets à base de zestes d’oranges qui pourraient être utilisés pourd’autres fonctions comme la fabrication de vêtements par exemple.

Ce n’est pas la première fois que les deux sociétés collaborent autour d’un projet commun.

Lors de la Milan Design Week 2019, ils présentaient une série de structures architecturales voutées à base de mycélium de champignons. L’installation, baptisée ‘le jardin circulaire’, est composée de quatre structures et de séquences d’arcs formant ensemble un kilomètre de mycélium.

Ce projet expérimentait les structures durables pouvant se développer de manière organique avant de revenir à la nature via un circuit circulaire.

L’invention n’est pas sans rappeler l’innovation « Peel Saver» de trois designers italiens, qui utilisait les épluchures de pommes de terre pour les transformer en cornet de frites grâce au mélange de composants amylacés et de fibres.

Des alternatives innovantes et ingénieuses visant à mieux consommer pour préserver notre belle planète.

 

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