Mission Alpha : tout savoir sur le retour de Thomas Pesquet à bord de l’ISS

 

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L’information ne vous a sans doute pas échappé, Thomas Pesquet a fait ce week-end son grand retour à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) !

Après un décollage réussi vendredi dernier depuis Cap Canaveral en Floride, la capsule Crew Dragon de Space X, qui embarquait les quatre astronautes de la mission Alpha (ou Crew-2), s’est amarrée avec succès à l’ISS peu avant 12 heures (heure de Paris) samedi dernier.

Le français, qui entame sa deuxième mission dans l’espace, est ainsi devenu le premier européen à voler à bord d’une capsule Crew Dragon.

Durée et objectifs de la mission, avenir de l’ISS… Voici tout ce qu’il faut savoir sur la mission Alpha dans notre article de la semaine.

 

 

Une mission historique pour Thomas Pesquet ! 

Cette 65ème mission vers l’ISS est historique à bien des égards pour Thomas Pesquet !

Tout d’abord, l’ingénieur aéronautique français est le premier à voler à bord de la capsule Crew Dragon de Space X, un peu moins d’un an après le succès du premier vol habité opéré par la compagnie spatiale privée, le premier de l’histoire.

C’est aussi le premier spationaute français à décoller depuis le sol américain depuis 10 ans ! En effet, lors de sa précédente mission, baptisée Proxima (2016-2017), Thomas Pesquet avait embarqué à bord d’une fusée Russe Soyouz depuis le Kazakhstan.

Durant une partie de cette nouvelle mission de six mois, le français aura également l’honneur de devenir le commandant de bord de l’ISS : une première pour un français !

Pour l’heure, Thomas Pesquet et ses trois compagnons de voyage, les américains Robert Shane Kimbrough et Megan McArthur et le japonais Akihiko Hoshide, devront se serrer un peu, l’ISS comptant ainsi 11 membres d’équipage au total. Cette grande collocation ne sera toutefois que de courte durée, l’équipe de la mission Crew-1 devant rentrer d’ici peu de temps sur Terre.

 

 

 

 

// À (re)lire : Vol habité de SpaceX : les Etats-Unis retrouvent leur indépendance spatiale !

 

 

Quels objectifs pour Thomas Pesquet et la mission Alpha ?

On sait déjà qu’en plus de nous faire rêver avec ses nombreuses et sublimes photos de la Terre et de l’espace, postées quasi quotidiennement sur les réseaux sociaux comme lors de sa première mission (l’une des premières missions opérées avec un contact direct et permanent avec le sol, expliquant en partie le nom de Proxima), l’emploi du temps du frenchy, et du reste de l’équipage, sera bien chargé ! 

Tout d’abord, Alpha est la première mission d’un nouveau genre, puisqu’elle servira en grande partie à “poser les bases pour un retour [de l’homme] sur la Lune”, explique Thomas Pesquet, près de 60 ans après l’exploit de Neil Armstrong et de la mission Apollo 11.

 

232 expériences scientifiques pour la mission Alpha !

Pour rappel, l’ISS est d’abord et avant tout un immense laboratoire scientifique, au sein duquel sont menées des centaines d’expériences, difficiles à réaliser sur Terre à cause de la gravité.

Ainsi, pas moins de 232 expériences scientifiques sont programmées au cours de cette mission Alpha, dont 40 commandées par l’ESA (l’Agence Spatial Européenne).
Plusieurs d’entre elles seront effectuées par le français, notamment une sur des “mini cerveaux”, qui aura pour objectif d’étudier le développement des cellules souches dans l’espace. Une donnée essentielle pour préparer des voyages de longue durée dans l’espace.

Thomas Pesquet sera également le premier à cultiver du “Blob” dans l’espace ! Cet organisme unicellulaire jaune, qui n’est ni animal, ni végétal, ni un champignon, fascine la communauté scientifique depuis des années.
L’astronaute français observera donc son développement depuis l’espace, en même temps que 2000 classes de primaire, collège et lycée sur Terre; dans le cadre d’une expérience baptisée « blob-Terre« ; pour comparer les résultats.

 

Sorties extravéhiculaires…

En plus de toutes ces expériences scientifiques, et de la prise de commandement de l’ISS pendant une partie de sa mission, Thomas Pesquet réalisera une ou plusieurs sorties extravéhiculaires durant son voyage.

Aussi impressionnantes et périlleuses que dans les films de science-fiction, celles-ci devraient viser à la maintenance et l’amélioration du rendement des panneaux solaires de l’ISS, essentiels pour alimenter la station en électricité.
Une opération minutieuse, sur des panneaux vieux de près de 20 ans !
Rassurez-vous, Thomas Pesquet, comme le reste de l’équipage, ont bien entendu suivi un programme d’entraînement strict, rigoureux et simulant les mêmes conditions, pour mener à bien ce genre d’opérations extraordinaires.
Car oui, on parle quand même de sorties à plus de 400 km au-dessus de la Terre où la moindre erreur peut être fatale…

 

 

// À (re)lire : Tout savoir sur la Station Spatiale Internationale (ISS) 

 

 

Fermeture prochaine de l’ISS : l’avènement d’un nouvel ordre spatial ?

L’ISS depuis son assemblage final – © NASA

 

Cette mission Alpha sera sans doute la dernière à bord de l’ISS pour Thomas Pesquet ! En effet, la fermeture de l’ISS est pour le moment prévue pour 2024, date jusqu’à laquelle les différents partenaires se sont engagés à financer le programme.

Mais alors quid de la suite ? 

L’ISS est l’objet le plus cher jamais construit par l’Homme ! Les coûts de construction et de maintenance étant estimés à plus de 150 milliards d’euros depuis sa création.
La station est considérée comme l’une des plus grandes réussites de l’Humanité en termes de construction, d’innovation mais aussi et surtout de collaboration.

Une collaboration et des ambitions internationales, qui pourraient bien être fragmentées après la fermeture de la station, avec l’avènement d’un nouvel ordre spatial aux ambitions plus nationales.

En effet, après plus de 20 ans d’une belle collaboration internationale, les tensions géopolitiques sur Terre semblent faire écho jusque dans l’espace…
En première ligne, la Russie, pourtant membre important du programme de l’ISS, et la Chine, interdite d’accès à l’ISS depuis 2011 par crainte de voir Pékin transformer la station en arme, n’ont cessé de se rapprocher ces dernières années sur le plan spatial.

Début mars, les deux pays annonçaient qu’ils projetaient de construire ensemble une station “à la surface ou en orbite” de la Lune, avec Mars en ligne de mire.

Mercredi dernier, la Russie annonçait également qu’elle se retirerait du programme de collaboration de l’ISS en 2025 pour construire sa propre station spatiale avec une mise en orbite à l’horizon 2030.

Reste à savoir quelles seront les modalités de collaboration de ses différents projets des deux pays, et de la réaction des autres acteurs de l’ISS.
Cependant, au vu de la guerre commerciale que se livrent les USA et la Chine depuis plusieurs années, on voit mal comment les deux pays et leurs alliés respectifs pourraient mettre en place une collaboration totale…

Affaire à suivre…

 

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