Starship : en route pour le voyage « grand public » dans l’espace ?

 

Partir en voyage sur la Lune ou sur Mars sera-t-il un jour aussi « simple » que de prendre l’avion pour une destination exotique sur la Terre ?

C’est en tout cas l’ambition de SpaceX, l’entreprise aérospatiale américaine, qui a dévoilé fin septembre le premier prototype assemblé de sa fusée Starship, baptisé Mk1 (Mark 1).

Avec cette fusée habitée et réutilisable, le PDG de l’entreprise, un certain Elon Musk, entend bien développer le transport de personnes vers la Lune, Mars et peut-être même Saturne, convaincu que « nous devrions faire de notre mieux pour devenir une espèce multiplanétaire ».

Le voyage semble encore long et, soyons honnête, ne seraprobablement accessible qu’à une poignée de privilégiés, mais ce ne serait pas la première fois qu’Elon Musk réussitun pari fou !

On fait le point pour vous dans notre article de la semaine.

Fusée Starship : 50 mètres de haut pour 9 mètres de diamètre

 

Le Starship Mk1 lors de son premier assemblage en septembre à Boca Chica (Texas) – © SpaceX

Fuselage en acier étincelant, dimensions hors normes, cet engin spatial semble tout droit sorti d’un film de science-fiction !

Et pourtant, le prototype Mk1 de la fusée Starship de SpaceX existe bel et bien.
Assemblé sur le « SpaceX South Texas Launch Site », une future base de lancement SpaceX, encore en construction, située dans le village de Boca Chica au Texas (USA), il a été présenté officiellement le 28 septembre dernier, soit onze ans jour pour jour après la première réussite du Falcon 1, également conçu par SpaceX.

 

Le prototype Mk1 de la fusée Starship vs le lanceur léger Falcon 1 – © SpaceX

 

Lors de cette présentation, Elon Musk a de nouveau confirmé son ambition de faire de cet engin un outil de prédilection pour l’exploration du système solaire.

Starship devrait être capable de transporter dans l’espace 150 tonnes de charges utiles et sera dédié au transport de matériel et de personnes vers la Lune, Mars et peut-être même… Saturne !

Selon le PDG de SpaceX, nous devrions « faire de notre mieux pour devenir une espèce multiplanétaire ».

Le duo SuperHeavy/Starship : la plus grande et la plus puissante fusée depuis le programme Apollo !

 

Anciennement connu sous le nom de BRF pour « Big Falcon Rocket », qui regroupait le combo lanceur/vaisseau, ce combo est désigné par l’appellation Super Heavy(pour le lanceur du premier étage de l’appareil) et Starship(pour le vaisseau spatial situé au deuxième étage).

L’ensemble devrait atteindre une taille de 118 m (63 m pour le lanceur et 55m pour le vaisseau) et peser près de 4400 tonnes.

Selon les estimations, ce combo spatial est donc en passe de devenir la plus grande et la plus puissante fusée depuis Saturn V et le programme Apollo, permettant de lancer en orbite basse des charges utiles atteignant les 150 tonnes (du matériel pour les bases lunaires ou martiennes et des passagers).

 

Pas moins de 43 moteurs Raptor pour propulser ce mastodonte de l’espace !

 

Si le prototype Mk1 est pour le moment doté de 3 moteurs Raptor, Starship devrait en embarquer 6 au total dans sa version finale.
Le lanceur Super Heavy devrait quant à lui être doté de pas moins de 37 moteurs Raptor.

En développement depuis 2012, le moteur Raptor « totalement repensé » de SpaceX est le premier modèle de chez SpaceX à utiliser un mélange de méthane et d’oxygène liquide, pour permettre une poussée dans le vide de l’ordre de 3 500 kN, soit environ 357 tonnes.

En février dernier, lors d’un test de mise à feu statique, le moteur Raptor est parvenu à fournir une poussée de 172 tonnes, soit près de deux fois plus que les moteurs « Merlin » utilisés jusqu’à présent par SpaceX.

 

Le moteur Raptor sur son banc d’essai le 4 février 2019 – © SpaceX

Les ailerons alimentés par des batteries Tesla

Les futures expéditions de cet engin spatial se dérouleront en deux étapes :

Étape 1 : Le lanceur lourd (Super Heavy), permettra au vaisseau (Starship) d’être expédié en orbite terrestre.
Une fois en orbite, le Super Heavy se décrochera pour ré-atterrir sur Terre de façon verticale, à l’instar du premier étage du Falcon 9.

Étape 2 : En orbite, le Starship sera approvisionné en carburant par un autre appareil. L’engin est doté de quatre ailerons latéraux (2 en haut + 2 en bas, visibles sur la photo ci-dessous) qui permettront à l’appareil de planer à l’horizontale dans l’atmosphère terrestre, lunaire ou martienne.

 

Le Starship atterrissant sur une base lunaire – © SpaceX

Ces ailerons sont d’ailleurs alimentés en énergie par des batteries électriques puissantes, conçues par la société Tesla, une autre société d’Elon Musk spécialisée dans la conception de batteries électriques dernière génération et de véhicules électriques haut de gamme.

Avant d’atterrir sur la planète ou l’astre souhaité, le Starship se redressera grâce à ces ailerons pour se poser à la verticale.

 

 

Produire un moteur Raptor par jour d’ici 2020 !

 

Pour assurer la domination du Starship par rapport à la concurrence et en faire LA référence de l’exploration spatiale, SpaceX souhaite accélérer les cadences de production de ses moteurs Raptor.

Si l’entreprise produit aujourd’hui un moteur tous les 8-10 jours, elle souhaite en produire un par jour d’ici au premier trimestre 2020.

SpaceX a également la volonté de réutiliser très rapidement ses lanceurs, afin de faire voler le Super Heavy vingt fois par jour et le Starship trois fois par jour.

Elon Musk est convaincu qu’une « fusée rapidement réutilisable est au fond le SaintGraal du secteur spatial » et souhaite, à terme, rendre les voyages dans l’espace aussi simples que des trajets aériens.

 

L’échec du vol inaugural : un délai pour la première mission prévue en 2023 difficile à tenir ?

 

Alors que le programme devait franchir une nouvelle étape, avec un vol inaugural et suborbital (sans équipage) du Mk1 supposé réaliser des “sauts de puce” de 20 kilomètres d’altitude, notamment afin de tester les manoeuvres de rentrée dans l’atmosphère terrestre, les choses ne se sont pas du tout passées comme prévu pour SpaceX.

Ce premier test, qui a finalement eu lieu hier sur la base de Boca Chica au Texas, a vu le Mk1 exploser lors d’un test de pression cryogénique consistant à remplir ses réservoirs pour vérifier leur résistance aux conditions extrêmes de l’espace.

Si SpaceX est restée discrète sur cet incident en tentant de relativiser les choses et les objectifs de ce test, cela risque probablement de retarder quelque peu le calendrier ambitieux de l’entreprise d’Elon Musk.

En effet, le PDG évoquait un premier vol orbital dans les 6 mois suivant ce premier test du Mk1.

Le premier voyage commercial, lors duquel le milliardaire japonnais Yusuke Maezawa devrait s’envoler avec 5 autres personnes pour un voyage vers la Lune, est toujours prévu pour 2023.
Reste à savoir si ce contre-temps pourra être rattrapé par les prouesses des deux autres prototypes du Starship, les Mk2 et Mk3.

 

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